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INTRODUCTION

Le domain de lart théâtral nest pas toujours facile à cerner. Jusquoù peut-on parler de théâtre? Quelle est la définition du théâtre?

Si lon sen réfère à la simple étymologie, théâtre vient du grec theatron, qui dérive du verbe theaomai, signifiant contempler, considérer, être spectateur au théâtre. Il faut donc saccorder là-dessus: il ny a pas de théâtre sans spectateurs, et le théâtre demande la définition dun lieu scénique. Lacte théâtral ne doit pas sexercer pour soi, mais saddresser aux spectateurs. Le théâtre doit raconter une histore humaine, representer limitation dune action de caractère élevée et complète ( Aristote), ou limage exacte et animée de la nature humaine (Dryden, dramaturge anglais du XVIIe siecle). Le théatre ne se contente pas dêtre une source démotion ou de plaisir: il doit rendre compte de lhomme.

Ainsi, le théâtre est un art qui a pour but de représenter en un lieu défini la nature humaine dans ses action, ses pensées, ses grandeurs ou ses bassesses, en procurant au spectateur une émotion directe. La forme écrite nest que le refler de cet art vivant.

I. Origines du théâtre

Le proto théâtre

De toutes les activités que lhomme a pu sinventer, le théâtre se distingue par le fait quil ne demande que très peu de moyens. Dans ses formes les plus restreintes, il peut se résumer à une unique personne se présentant devant dautres personnes, en quelque lieu que ce soit; aucune invetation, aucune étape particulière dans lévolution des sociétés nest réellement nécessaire. Le théâtre a pu apparaître de manière primitive à nimporte quel moment de la Préhistoire, à partir du moment où Ihomo sapiens sétait doté dune organisation social. Toutefois, les traces les plus anciennesdune forme de spectacle, dans les civilisation assyro-babiloniennes et hitite, datent tout au plus du trousième et deuxième millénaires av. J.-C., et ne permettent rien dautre que de prudentes hypothéses sur ce qui a pu se passer auparavant.

En Mésopotamie, on sait quun poème retraçant le mythe de la création était donné chaque année pour la nouvelle année babylonienne; mais faisait-il lobjet dune déclamation où dune véritable mise en scene? Dans quelles conditions était-il joué? Etait-ce une cérémonie mystique, rituelle ou à demi profane? Totes ces questions restent en suspens.

On peut imaginer, le souir au coin du feu, lamuseur du village singeant ses companions ou retraçant les exploits héroiques dun ancien. On peut encore imaginer lensemble des chasseurs reconestituant la capture dun animal, pour favoriser la chasse du lendemain. William Golding, dans Sa Majesté des mouches, fait ainsi jouer par des enfents redevenus sauvages une séance de chasse rituelle, dans laquelle lun dentre eux tient le rôle du cochon sauvage.

Entre le jeu, le rite et lexorcisme, une forme vivace de spectacle a donc très certainement existé, et peut-être même dans des lieux réservés pour cela. Mais rien ne permet de laffirmer, ni den tirer une véritable conclusion.

Le théâtre antique

Selon la légende, la première représentation tragique serait due au poéte Arion qui vivait à Corinthe vers la fin du VIIe siecle. La tradition avance ensuite le nom de Thespis, qui, venu dIcarie sur son chariot lui servant de scène, aurait donné une première tragédie aux Dionysies entre 536 et 533. En précurseur, Thespis aurait dégagé nettement le premier comédian du choeur et différencié les parties chantées des parties parlées. Il aurait également établi lusage dun prologue, dune présentation, et utilisé des masques moins grossiers quauparavant.

Létude de la tragédie grecque se résume donc à lanalyse dune trentaine doeuvres, alors quil sen écrivit, entre le VIe et le Ve siècle, plus dun millier; et que lon pense quun théàtre privé sétait développé dans les maisons aristocratiques, plus évolutif, avec lintervention de mimes, des conteurs, danseurs, bouffons et poétes.

En un peu moins de quatre-vingte ans, lart dramatique eut le temps de naître dt de mourir, mais aussi dévoluer de manière considérable, ainsi que la souligné Jacqueline de Romilly:

A beaucoup dégards, la différence est large et plus profonde entre Eschyle et Euripide, quentre Euripide et Racine.

Les Athéniens adoptèrent vite le thetme de tragédie, et ce nom mérite que lon sattade un peu sur sa troublante origine. Tragos signifie bouc, et trag-oeudia chant du ouc, ou ode au bouc, ce qui, tout de même, na pas un très grand rapport avec le théâtre. On pourrait croire que le terme découle dun qualificatif de Dionysos, mais le dieu, quand il est assimilé à la vigueur sexuelle de lanimal, est appelé ériphos, juene bouc, et non pas tragos. Ttout au plus peut-on supposer que la trag -oedia, à lorigine, était un chant religieux dont on accompagnait le sacrifice dun bouc aux fêtes de Bacchus (Bailly).

Lorigine de comédi, au moins, semble beaucoup plus claire: Kômos était le nom dune joueuse fête processionnelle en lhonneur de Dionysos, avec des chants et des danses.

Peu de temps après la première guerre punique, vers 230, un affranchi tarentin, grèc de la naissance, Livius Andronicus, commmença à traduire pour la scène romaine des tragédies et des comédies du répertoire athénien.

Les théatres romains aui se construisirent se différenciaient nettement du modèle grec.Avec le monde romain, le théâtre devenait-aussi- une entrepeise commerciale.

Lévolution du théâtre avait tué religion, mais, comme la joliment dit Léon Moussinac, les jeux du cirque et de lamphithéâtre finirent par tuer le paganisme. Les niuveaux chrétiens navaient que répugnance pour des réjouissances populaires dont ils avaient en partie fai les frais, et les autres formes de spectacle ne pouvaient trouver grâce à leurs yeux: les tragédies parlaient de dieux païens, et les comédies étaient pleines dobscénités.

La jeune Eglise contribua à faire disparaître le théàtre, mais le public, de toute façon, nétait plus au rendez-vous. Avec la fin de Lempire romain se tournait une page définitive. Arrivait un âge des ténèbres durant lequel le théâtre nétait même plus lombre dun souvenir.

Le Moyen Age

Théâtre dinspiration religieuse

Il est assez difficile dimaginer quen Occident, le théâtre aut pu se mettre en sommmeil pendant près de dix siècles. LEurope eut à digérer les vagues successives dinvasions barbares, et ne conserva son empreinte culturelle quà travers le filtre de la religion dominante. LEglise contrôlait léducation, intervenait largement dans les affaires des royaumes, dans la vie publique, lart, le commerce, les institutions; et ke théâtre ne pouvait pas lui non plus échapper à son influence. Laristocratie féodale, quant à elle, se contentait des passages de troubadours, acrobates, jongleurs et autres montreurs dours.

Cependant, la farce grossière subsistait sur des estrades de fortune, avec une plus ou moins grande tolérance de lEglise; elle se distingua rapidement du jeu liturgique ou profane, qui avait une prétention plus littéraire; la moralité acait une intention édifiante, avec un recours à lallégorie; le dict se résumait le plus souvent à un monologue qui traitait qui traitait dun sujet dactualité; la sottise ou sotie était une farce qui mettait en scènd des membres de limaginaire peuple sot; enfin, la pastorale, plus tardive, était une sorte de tragi-comédie aux personnages champêtres.

Il est indubitable quil y eut dans cette époque lintervention de metteurs en scène, ou tout du moins de régisseurs, qui coordonnaient les spectacles.

Les participants étaient des amateurs non rétribués, mais auxquels on attribuait des indemnités en nourriture et en boisson, et chacun devait sengager sur lEvangile à tenir son rôle avec conscience et sans défaillance.






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