La valeur stilistique des pronoms (42905)

















La valeur stilistique des pronoms. Le substantive. Larticle, La substantivatio. Ladjectif. Le verbe. Les pronoms


La valeur stilistique des pronoms

Le substantive

Laspect stylistique du substantive

Larticle

La substantivation

Ladjectif

Le verbe

La valeur stylistique des formes verbales

Les pronoms

Le francais parle et les modalites



La valeur stilistique des pronoms


La valeur grammaticale du pronom reside dans son aptitude de representer un etre, une chose, une idée, sans les nommer directement. Il comport une idée dindication. La valeur stilistique des pronoms depend des nuances expressives que leur choix et la maniere de les employer peut apporter a lenonce. Dautre part,certains employs des pronoms sont particuliers a tel out el autre style de la langue, ce qui leur confere une couleur stilistique speciale. Ce sont les pronoms personnels et les demonstratifs dont le choix et lemploi offrent le plus grand nombre de varietes expressives.

On pourrait indiquer dautres manieres demployer les pronoms personnels qui comportent des nuances expressives. Ainsi, lemploi parallele des pronoms personnels tonique et atones(comjoints et disjoints) est un des moyens efficacies de mettre en valeur la personne qui agit ou qui subit laction et de lopposer a une autre. Ce procede se trouve egalement dans la prose et la poesie francaise:

Ex: Et lui, que disait-il alors, Thorez? Francais, unissez-vous! (L. Aragon. Maurice Thorez et la France) p.214

Ex: Il chantait lui sous les balles. Des mots sanglant est leve (L. Aragon. Ballade de celui qui chanta dans les supplices) p.214

Le pronom nous, dont le role essential est de designer le sujet parlent en commun avec une autre personne peut parfois souligner leur communaute, leur union, lidentite de leurs interest et aspirations. Cest le fait par exemple, dans quelques chants revolutionnaires:

Cets la lutte finale:

Groupons-nous, et demain

Linternationale

Sera le genre humain.

(LInternationale)

Souvent on oppose pour un effet de contraste les deux formes du pluriel nous et vous:

Lorsque nous sapons par ses bases

Votre edifice mal daplomb,

Vous nous repondez par du plomb

Ou vous nous alignez des phrases

(J. B. Clement. Liberte, egalite,fraternite)


Le substantive


On remarque que le francais parle hesite parfois sur le genre de certains substantives. Ce sont la des ecarts plus ou moins usuels quant a la norme de la langue. Ainsi, on feinise volontiers les noms a initiale vocalique, tells que: après-midi, elastique, hotel, incendie; car, lorsquils sont precedes de larticle indefini, ce dernier est pronounce [yn]. Il arrive que la langue parlee familiere intervertit les genres dans des formulas a valeur affective, traduisant la tendresse, laffection. Ainsi, on dit a une femme; mon petit et ma vielle a un homme:

ce nest pas ma faute, dit-elle. Je taime tant, je tassure!

Oui, mon petit, je sius sure. (R. Rolland. Lame enchantee)

la plupart des substantifa francais ne changent pas de forme au pluriel. Dans le francais moderne lexpression du nombre est analytique. Elle se realize au moyen dun mot-outil, article ou determinative. Lexpression synthetique du nombre, proper a lancienne langue, ne survit que dans le groupe des substantives en al et ail. La langue parlee, comme nous lavons vu, tend a unifier les ormes rgammaticales. Cette tendance se realize aussi dans lunification des formes du singulier et du pluriel des substantives en al. -ail

on remplace les formes normatives du pluriel: coraux, emaux, par corails, emails


Laspect stylistique du substantive


La valeur stylistique des substantives est liee a leur sens grammatical. Se substantives servent a designer les choses, les etres animes et les notions abstraites, les qualities et les actions. Les categories grammaticales du nom fr sont generalement exprimees par larticle

Le genre des substantives ne peut avoir quune valeur stylistique resteinte, car il est trop bien defini et ne prete pas au choix. On hesite parfois sur le genre de certains substantifs. La categorie du genre acquiert parfois un certain role stylistique dans les oeuvres litteraires. Les auteurs de romans et nouvelles historiques pretent, a dessein, a certains substantifs le genre qui leur avait ete proper autrefois, ce qui confere au discourse des personages ou de kauteur une teinte archaique et transporte le lecteure dans une qpoque revolue. Le roman de V. Hugo Notre-Dame de Paris dont laction se passé au XV siecle: ce grand image de Saint-Christophe, selon lusage de lepoque, les hesitations sur le genre de ce substantifs ayant existe jusquau XVII s.

Animaux ou objets personifies figurant alors, selon le genre des noms qui les designent, comme des personages de la societe humaine, homes et femmes, respertivement:

Dame Belette,demoiselle Belette,dame Mouche,maitre Corbeau,maitre Renard, Messire Rat; ca, Messieurs les chevaux,payez-moi de ma peine (Le Coche et la Mouche)

Les choses personnifiees representent aussi des etres vivants, homes et femmes, selon le genre des substantifs qui les nomment:

Vous vpulez de largent, o Mesdames les Eaux! (Le Berger et la Mer)

Le nombre. La plupart des substantifs fr ont au pluriel le meme sens lexical quau singulier. Certains substantifs abstraits non nombrables employes au pluriel prennent un sens plus concret quau singulier:

Lamitie, la bonte, la tendresse, les amities, les bontes, les tendresses

Lopposition met en relief la difference semantique entre le singulier et le pluriel des substantifs en question:

La liberte-les libertes-droits et privileges, immunites

La grandeur-les grandeurs-dignites,honneur

Larticle


1. Lemploi quon fait de larticle dans la langue parlee presente peu de traits particuliers. On suit les regles generales de la grammaire fr, touchant le choix, lemploi et lomission de larticle. Il ny a que quelques remarques a faire sur lemploi et lomission de larticle. Il ny a que quelques remarques a faire sur lemploi de larticle avec les noms propres de personnes et les substantives mis en apostrophe.

2. Larticle defini apparait souvent devant les noms propres. On le met devant les noms de femmes (la Fanchon, la Marie), devant les noms forme dapres le nom du mari ou dup ere(la Thenardiere de Thenardier, la Maheude de Maheu):

La Valentine, elle ne le quiette pas des yeux (J. Anouilh. Le voyageur sans bagages)

3. lemploi de larticle signale par ces derniers exemples, proper aux parlers locaux sest repandu dans le fr parle, notammemt dans le language familier; la langue normalisee ne le souffre pas. Il confere a lenonce une nuance de familiarite intime, accusee:

-Vous navez pas vu la Ninette?... Javais besoin detre rassure sur les pratiques de la Ninette

cette Nina pouvait mener une double vie (A. Blondin. Les enfants du bon Dieu)

dans la conversation courant larticle accompaghe souvent les noms

de famille puor designer un ou plusieurs members de la famille:

-cest ce soir que nous dinons chez les Villard? (R. Rolland. Lame enchantee)

5. La langue parlee familiere afeectionne lemploi de larticle defini avec les substantives en apostrophe. Cet employ gagne toujours du terrain:

-quoi! Lami,ce croc est a la mode? (E. Rostand. Cyrano de Bergerac)

salut,les gars! (J. Laffitte. Rose France)


La substantivation


La substantivation est un fait de la langue de grande portee pour le systeme du substantives fr. Le passage dun mot se rapportant a une des autres parties du discours dans le grouped u substantive est une precieuse source denrichissement du vocabulaire fr.

la substantivation est un procede linguistique qui porte sur toutes les parties du discourse. Dans la langue daujourdhui tres nombreux et usuels sont les adjectives substantives: joindre lutile a lagreable; lessentiel, le possible, le reel, le vrai, letonnant

la substantivation est souvent un acte de creation individuelle, cest-a-dire un fait de style qui interesse la stylistique. Voici quelques exemples de mots detaches,substantives pas les bons ecrivains. Ce ne sont pas encore de vrais substantives, larticle ne les transforme pas definitivement en noms-cest un joli moyen de mise en relief:

Duroy ayant leve par desoeuvrement les yeux vers le mur, M. Waller lui dit de loin,avec un desir visible de faire valoir son bien:

-vous regardez mestableaux? Le mes sonna.

-Je vais vous les montrer. (G. de Maupassant. Bel-Ami)

4. la substantivation de linfinitif nest plus un procede productif. Cependant on en releve des exemples chez les poetes et les ecrivains a tendances philosophiques:

O mon ame, quell sen aller et quell souffrir!

Et quell vivre toujours, pour les rouges conquetes

De lor; quell vivre et quell souffrir et quell mourir! (E. Verhaeren. Les soirs, au loin)

A laide de larticle on substantivise facilement non seulement des mots detaches, mais, egalement, des groupes syntaxiques, voire des propositions entieres, qui fonctionnent alors dans la phrase comme un suel terme de la proposition exprime habituellement par un substantif:

Quand elle tourna ses yeux vers lui,son visage leve, le Ma cherie quil allait dire sarreta sur ses levres (L. Aragon. Les Communistes)


Ladjectif


On pouet signaler certaines particularites dans la formation des degrees de comparaison de certains adjectives. On sait que le fr forme les degrees de comparaison des adjectives avec ladverbe plus(grand,plus grand, le plus grand),nayant garde que 3 formes suppletives: meilleur, pire, moindre. Ces survivances, la langue parlee les evite, pour former les degrees de comparaison des adjectives bon, mauvais, petit dapres le modele commun a tous les autres adjectives fr:

Et cest mauvais, ca, la rupture dunite. Il ny a rien de plus mauvais. (M. de Saint Pierre. Les ecrivains)

Cest dans lalangue parlee familiere quon observe un gout pronounce a employer adjectivement des substantives et certains adverbs tres usuels(bien, mieux) Voici quelques phrases montrant lemploi des formes adjectives comme epithets et attributs:

ce garcon etait bien, Annette aussi tres bien. (R. Rolland)

il est tres bien, ton chapeau, dit Mlle Grmaine. (E. Triollet. Les fantomes)

le plus souvent un subst adjective est employe en function dattribut:

elle est desordre, disait delle la mere Costadot. (Fr. Mauriac. Les chemins de la mer)

la langue parlee affectionne un tour special du type: une drole dhistoire, un diable dhomme. Dans ce tour le mot determinant precede le determine auquel il est relie par la preposition de. Le premier mot est, au point de vue syntaxe, plus independent, plus autonome, ce qui fait ressortir le sens qualificatif et la valeur dappreciation dont il est le porteur. Ainsi ce tour rencherit sur un adjective-epithete:

cest une drole de raisonnement, quand meme! (lelaboration du fr elementaire) tu es craimenet un drole de garcon, Etienne(H. Troyat. La tete)

ladjectif caracterise lobjet en designant ses traits particuliers, ses qualities et ses defauts. Ladjectif a souvent une valeur dappreciation. Quant aux nuances stylistiques apportees par ladjectif (ladjectif-epithete en particulier), elles ressortiront nettement si on le compare avec les autres faits de grammaire servant a qualifier un objet.

le francait se sert pour qualifier un objet, non seulement dadjectifs-epithetes, mais aussi de complements de nom-de substantives rattaches au determine par une proposition.2 constructions rapprochees par leur: valeur grammaticale et signification lexicale: livre denfant(livre pour enfant), livre enfantin (livre naïf)

ladjectif-epithete et le complement de nom se retrouvent dans toutes les spheres de la communication et nont pas de couleur stylistique specifique. On pourrait indiquer les adjectives relatifs, de formation savante qui on tune nuance plutot terminologique et semploient surtout en styles ecrits:

adjectif estival fleurs estivales, maladies estivales

complement dete soir dete, robe dete

on les trouve dans la prose:

Cetait un cote de bord de mer,estival, bleu,blanc, vert, sur le fond ocre des maisons. (P. Courtade. Nouvelles)

hibernal repos hibernal des plantes, plantes hibernales

hivernal les froids hivernaux

septentrional les peoples septentrionaux

la comparaison des adjectives livresques avec des complements de nom respectifs dun usage commun:

artisanal,-e dartisan

autumnal,-e - dautomne

chevalin,-e - de cheval

le quantite dun objet sagnalee par un adjective peut etre nommee par un substantive de valeur abstrait, appurtenant a la meme famille de mots que ladjectif en question:

chaud-chaleur

tender-tendress

vieux-vieillesse


Le verbe


Dans la conversation qui touché le plus souvent les faits de la vie courante, les problemes du jour, on use largement du present de lindicatif. Il marque les actions qui coincident avec le moment de la parole, que celles qui se rapportent a une periode plus ou moins etendue du present, ou qui se repetent au cours de cette periode:

Maman,tu es la? - Bien sur, puisque jet e parle. (A. Stil. Le premier choc)

- Mais pourquoi pleures-tu?... Est-ce que tu as mal? Voyons, disnous pourquoi tu pleures? (M. Ayme. Les contes)

Dans la langue parlee le present de lindicatif exprime souvent le future proche:

Ce soir je vais au theatre. Il part demain. Alors, tu tamenes? Alors, je taccompagne?

Nous sommes venues en passant.

Le present historique ou narrative. Il anime le recit, presente les evenements de facon spectaculaire:

Lautre jour, il tombe sur un Americain qui distribuait des chewinggumLe petite reussit a en avoir un. Il rentre avec ca dans la bouche. (A. Stil. Le premier choc)

Le present de lindicatif peut aussi marquer une action accomplice dans un passé tres recent par rapport au moment de la parile:

Ainsi au lieu de Je suis venu vous announcer une bonne nouvelle,on dira Je viens vous announcer une bonne nouvelle

Le passé compose marque une action achevee, mais envisage par rapport au moment actuel, une action qui a conserve ses liens avec le present. Il exprime le resultat present dune action passee:

Cheri!

Quest-ce que vous avez dit?

Je nai rien dit

Jai tres bien entendu. (R. Rolland. Pierre et Luce)

6. Le passe simple affecte une action a un moment du passe. Laction est presentee comme achevee a un moment ou une periode bien determine du passé et nayant aucun rapport avec le present-le passé simple nest guere employe dans la conversation.

7. Le passé compose est parfois substitute au future anterieur, peu usite dans la conversation. Il marque alors le resultat dune action anterieure a une action dans le future:

- Une minute, jai finiet tu vas me raconteur ca(A. Stil. La lecon de francais

8. Le passé immediate insiste sur ce que laction a eu lieu tout recemment. Ce mode dexpression periphrastique, ne dns le francais parle, a penetre dans les autres styles de la langue, mais il a conserve nanmoins sa couleur stylistique originaire.

9. pour designer une action future dans ses rapports avec le present, le francais parle se sert non seulement du future simple et du present de lindicatif, mais aussi du futur immediate:

Je vais vous raconteur ce qui se passait dans les veilles autrefois,les veillees a la campagne. (Lelaboration du francais ellementaire)

10. La concordance des temps du verbe joue un role important dans la grammaire francaise, vu son systeme verbal developpe et ramifie. Cependant les regles de la concordance des temps ne sont pas toujours strictement observees par la langue parlee. Le francais parle prefere souvent le present a limparfait, surtout si lon insiste sur ce que laction ou letat indique par le verbe de la subordonne est reel et la coincidence avec le moment de la parole est evidente:

On ma dit quil est malade - au lieu - On ma dit quil etait malade.

11. dans le fr. parle on dira indifferemment sans se conformer a la regle:

Je veux quil vienne au lieu de Jai voulu quil vint

Jai voulu quil vienne Je voulais quil vint

Je voulais quil vienne Javais voulu quil vint

Javais voulu quil vienne

12. cette tendance se fait voir dans les dialogues des pieces de theatre et des romans:

Javais peur que tu sortes et que tu tentes de lenterrer malgre le jour. (J. Anouilh. Antigone) (au lie de que tu sortisses, que tu tentasse).

La valeur stylistique des formes verbales

le present de lindicatif possede une valeur semantique etendue. Laction quil indique peut se rapporter a de differents moments de lactualite, ainsi quau passé et au future. Le role essential du present de lindicatif est de marquer une action se produisant au moment meme de la parole. Mais il marque aussi bien des actions habituelles se rapportant a une periode plus ou moins etendue de lactualite et des actions dites hors du temps.

le present historique apparait dans les moments decisifs ou culminants de la narration; il met en lumiere la rapidite des actions effectuees au passé, les transporte dans lactualite et prete au recit des nuances expressives.

Tantot ce ne sont que quelques verbes quon met au present, dans une narration faite au passé:

Tout le village se met en route, et nous arrivons la-haut avec une procession danes charges de ble,-du vrai ble, celui-la!

Tantot cest tout un fragment d/un recit fait au passé:

Il courut a lechele, le jardinière lavait enchainee,Julien, anime dans ce moment dune force surhumaine,tordit un des chainons de la chaine qui retenait lechelle; il en fut maitre en peu de minutes et la placa contre la fenetre de Mathilde

a partir de la 2eme moitie du XIX s. lemploi du present de lindicatif dans des functions varies va toujours croissant. Il nest pas rare quil soit employe comme temps principal de la narration, voire dune description:

Tiens,bonjour, docteur! secrie-t-il a ladresse dun jeune homme assis seul sur un banc. Tous les deux, comme de vieilles connaissances,se dirigent vers les terrasses du café de lile et sattablent sous une tonnelle a lecart. (J. Laffitte. Nous retournerons)

Comme toute la narration est faite au present, le contraste entre ce dernier et les formes du passe nest plus en jeu. Le sens gr. de ce present est le meme que celui du present historique ou bien de limparfait descriptif: il marque des actions accomplies ou en train de saccomplir. Mais sa valeur stylistique est toute autre: le recit en entire est transporte sur le plan de lactualite.

Cest un moyen nouveau qui anime et dramatise laction. Le present historique son employ nest pas limite par la prose litteraire; on le retrouve dans la presse,dans les ouvrages scientifiques

5. Limparfait de lindicatif designe essentiellement une action passee inavhevee, une action dans le passé simultanee a une autre. Limparfait designe des faits accomplish,mais les presente comme sils etaient en train de se realiser:

Le lendemain soir trios bombes eclataient sous la voiture de lempereur, devant lOpera. (E. Zola. Son Excellence)

Limparfait stylistique apparait dans la prose fr. au cours de la 3eme moitie du XIXs. Cetait dabord lusage des romanciers naturalists. Plus tard ce mode dexpression se repand un peu partout, les publicists et les journalists en usent autant que les romanciers. Il penetre meme dans la prose scientifique.

6. le passé simple presente laction comme realisee et terminee au passé et aucun rapport avec le present. Dans le francais daujourdhui le passé simple est surtout le temps de la narration. Le style scientifique et le langage de la presse usent du passé simple surtout lorsque les faits sont envisages retrospectivement. La sphere habituelle dee lemploi du passé simple est la prose litteraire. Le passé simple peut preter a lenonce une tonalite solennelle, quelque chose de sublime, voire depique. La valeur gr et la couleur stylistique du passé simple determinant son role, ses functions concretes dans un texte litteraire. Dans le discourse direct de personages, ces formes livresques et quelque peu archaiques apportent une nuance de recherché demodee:

--Je serais pere et grand-pere,si vous laviez voulu, Clementine. Mais vous epousates M. Achille Allier,riche campagnard nivernais(A. France. Le crime)

Dautre part, le passé simple peut produire uneffet comique provenant du contraste entre la nature stylistique de cette forme verbale et un contexte familier,une situation de tous les jours:

--He! he! Therese,jai appris que vous aussi vous eutes en votre temps une jolie figure. (Ibid)

7. Le passé compose designe une action accomplice et chevee au passé,mais envisage par rapport eu present; les resultants de cete action sont valuables au moment ou lon parle, ou lon ecrit. Cette premiere valeur gr du passé compose fait que cette forme verbale est le temps de la conversation.


Les pronoms


1. Les pronoms sont les memes pour tous les styles de la langue fr,cependant le fr parle affectionne certaines formes de pronoms personnels et demonstratifs, ainsi que certaines manieres demployer ces pronoms, en leur pretant des nuances expressives varies. Le systeme des pronoms personnels fr cest quil possede 2 series de formes: pronoms vonjoints et disjoints ou atones et ttoniques:

- Moi, je trouve ca tres mechant de tuer les betes

- Ecouter bien, voila: je vais partir. Toi, tu ten moques?

- Oh, moi jattends que tu sois parti pour me desoler.

2. Pour les pronoms de la 1ere et de la 2eme personne du pluriel les formes conjointes et disjointes coincident. Au besoin le fr parle supplee a cette deficience en ajoutant a ces formes le pronom autres:

Nous autres,on na rien vu.

Regardez ca, vous autres!

La 1ere et la 2eme personne du pluriel peuvent aussi etre mises en vedette par la simple repetition du pronom:

-Quest-ce que vous attendez pour descendre,vous? (G. Simenon. La pipe de Maigret)

3. la langue parlee familiere nemploie pas toujours le il impersonnel dans des locutions telles que: il faut, il parait:

- Maintenant faut que j men aille(H. Bazin. Leve-toi et marche)

- Faut tuer la guerre. La guerre, elle! (H. Barbusse. Le feu)

4. La langue parlee est la premiere a employer les pronoms de la 2eme personne du singulier: tu,te,toi. Ce pronom designe tout simplement la personne en question, son employ nimplique aucune nuance expressive ou eotionnelle. Le choix du pronom personnel prete a la phrase des nuances expressives varies. Les pronoms je, il, ils, elle, elles sont les plus neuters. Au contraire, lemploi du pronom nous a la place deje de tu ou devous est expressif,comme on le voit dans les exemples:

- Es-tu de ceux-la, toi?

- Nous en sommes(au lieu de jen suis)

- Ah ca, momes, avons-nous dine? (au lieu de avez-vous dine)

5. On. Dans la langue parlee la valeur de on peut etre concretisee. On remplace alors nimporte quel autre pronom personnel-sujet, ce qui prete a lenonce diverses nuances expressives,precisees par le contexte et la situation:

Alors, ce rhume,ca va?

Comme ca,Monsieur. On tousse encore.

6. Lemploi familier de on equivalent a nous:

- Ou est-ce quon va, papa? Ou est-ce quon va? Disait le petit garcon. (Vercors. Le silence de la mer et autres recits)

7. Lemploi des 2 pronoms a la fois:

Alors cest ca, nous les femmes, on serait bonnes pour attendre et pleurer! (J. Laffitte. Nous retournerons)

8. On pour les pronoms de la 3eme personne du singulier et du pluriel:

On ne savait pas trop a quoi employer leur temps, cetait visible.

9. parmi le pronoms demonstratifs un seul appartient par excellence a la langue parlee: cest le pronom ca, doublet morphologique et synonyme de la forme cela, les 2 formes du demonstratifs ca et cela ont le meme sens:

- Mais ca vous fait de la peine?

- Oh, oui.

Elle rit de contentement.

Cela vous fait rire, mechante. (R. Rolland. Pierre et Luce)

Le francais parle et les modalites

1. Modalite les rapports qui existent entre le fait enonce et la realite ainsi que lattitude du sujet parlant envers ce fait. Pour traduire la modalite, le fr dispose de moyens multiples qui relevant de la grammaire, du lexique et de la phonetique: les modes du verbe, certains adverbs et locutions adverbials, lintonaiton.

Dans la conversation on veut attirer lattention de celui a qui on parle, exprimer lapprobation ou la disapprobation. Tres frequent est lusage, en tant que termes modaux, de certains formes de limperatif des verbes voir, tenir et aller: voyons; tient, tenez; va, allons, allez:

Voyons, mon petit ami, achevez ce que vous vouliez dire

Tu parais soufrant. Voyons, dis-moi ce qui ne va pas, franchement (M. Avme. Les contes)

2. on employ aussi avec une valeur modale particuliere la 2eme personne du singulier et du pluriel de lindicatif present des verbes parler et penser: tu parles, vous parlez; tu penses, vous pensez:

- Ecoute, tu veux travailler tout de suite?

- Tu parles. (J. Laffitte. Rose France)

3. Certains mots classes parmi les adverbs (vraiment, bien) sont employes aussi comme mots et particules a valeur modale, ce qui ne viole point les norms de la langue. Cest la langue parlee:

Tu vois bience nest pas un mouton, cest un belier

4. La langue parlee familiere va plus loin: elle prete une valeur modale a dautres adverbs et locutions adverbials,comme par exemple un peu, quand, des fois:

Regardez-moi un peu!

Dis-moi un peu, toi, quest-ce qui te manqué?

5. La langue parlee transforme aussi en particules dinsistance et de renforcement les conjunctions mais et donc:

mais oui; mais si; mais pas du tout; dites donc ce quil y a.

6. Certains pronoms (moi, me, te, vous) prennent aussi une valeur modale lorsque leur employ est expletive:

Monte-moi ca en vitesse chez M. Lebrun


LEXIQUE


1. La plupart des mots et locutions employes dans la conversation appartiennent au lexique neuter, a couleur stylistique zero. Les plus frequents: etre, avoir, faire, aller, voir,dire, savoir, vouloir, prendre, parler, travaillr, lire

Parmi les mots et locutions a couleur stylistique il y a 2 couches:

1) le lexique familier les mots et expressions qui nenfreignent pas les norms de la langue, mais qui sont employes le plus souvent dans la conversation familier

2) le lexique populaire qui secarte de la norme et se trouve en marge du fonds literraire

2. Lexpressivite des mots peut etre due aux,morphemes,tells les suffixes diminutives et pejoratives. La langue parlee affectionne les mots diminutives. Ces diminutives presentment des differences stylistiques. Les substantives derives a laide des suffixes et, - ette sont pour la plupart des mots plus ou moinsneutres, tandis que les diminutives formes avec les suffixes ot,-otte sont plus familiers:

Chansonnette,garconnet,jardinet,maisonnette, manotte

Le francais parle familier affectionne le suffixe ot; ainsi on dit, familierement petiot pour petit et chero pour cheri

3. Frequentes sont les formations verbales avec les suffixes iller, - oter(-otter): boitiller-bouillotter; sautiller; toussoter; pianoter,vivoter:

Une jeune fille boitillait alarriere. Celle-la etait jeune, tres jeune.

4. Nombreuses sont les formations a suffixes pejoratives,nominaux et verbaux: - aille,-ard,-asse,-aud,-ailler,-asser:

marmaille,pietaille,pretraille;

froussard,papelard,pleurard,richard;

bonasse, paperasse;

finasser,trainasser

5. Les formation prefixales essentiellement propres au francais parle sont bien rares. On renforce certains mots principalement des verbes,en y aoolant le prefixe r - ou re-,ou encore le prefixe de - ou de - Ainsi on dit remonter pour monter, se revenger pour se venger. re marque la repetition de laction:

Il y a quelques chose dans ma valise qui nest pas en place. On redeballe, on retrie, on rempaquette.